Deuses & Wounds Egito (2)
D’après Hérodote, les Égyptiens sont les plus religieux des hommes. En Égypte, la religion était à la base de tout, et dominait tout. Les dix plaies exprimèrent le jugement de Dieu contre « tous les dieux Égypte » (Exode 12:12). Et après la déroute du pharaon, Moïse chantera : « Qui est comme toi parmi les dieux, Yhwh ? »- Exode 15 :11 (Bayard). Petit dictionnaire illustré des dieux égyptiens concernés.
Hâpy, Isis, Thoueris, Sobek, Thot, Héka, Khnoum, Geb, Bouto, Hatmehyt, Horus, Sothis, Hathor, Apis, Nout, Héquet,
Amôn-Rê, Bès, Chou, Reshpou, Tefnet, Kouk, Khonsou, Raet, Aton, Khepri, Atoum, Min, Rénenoutet, Nepri
(1) Eau transformée en sang, (2) Grenouilles, (3) Moustiques, (4) Mouches piquantes, (5) Peste du bétail,
(6) Furoncles,
(7) Tonnerres et grêle, (8) Sauterelles,
(9) Ténèbres opaques, (10) Mort des premiers-nés
Les deux dieux censés posséder le pouvoir de guérir, ne purent faire obstacle à la 6ème plaie, “des furoncles à ampoules, qui faisaient éruption sur les hommes et sur les bêtes”, et même sur “les prêtres-magiciens” (Ex 9:10,11). On peut citer Thot, Isis, Ptah, Amôn-Rê et Sekhmet, déesse à la nature ambivalente d’une lionne, qui dissémine et guérit les maladies.
« Prenez quelques poignées de suie d'un fourneau. Moïse la lancera en l'air en présence du Pharaon. Cette suie retombera en poussière sur l'Égypte. Partout dans le pays, elle produira sur les hommes et les bêtes des furoncles évoluant en ulcères. […] Moïse et Aaron prirent de la suie et allèrent trouver le Pharaon. Moïse la lança en l'air. Elle provoqua sur les hommes et les bêtes des furoncles évoluant en ulcères.» - Exode 9:8-11
Les versets cités sont ceux de la Bible en français courant, édition 1997
Papyrus médical E 32847. Cet exceptionnel papyrus médical du Nouvel Empire (1550-1050 av. J.-C) est au monde le deuxième connu par ses dimensions (7 mètres), par le nombre et la largeur de textes qu’il porte. Il est écrit sur ses deux faces de façon continue mais par deux scribes différents. Ces textes relatifs aux grosseurs fournissent indirectement un éclairage inattendu sur le passage du livre de l’Exode relatif aux plaies d’Egypte. Ils prouvent l’importance des pustules aux niveaux tant pathologiques que religieux. Ils détaillent l’association des plus terribles d’entre elles avec le dieu Khonsou. Le rédacteur du texte biblique avait sans aucun doute connaissance de ce lien (Exposition temporaire, aile Richelieu, juillet 2007). Ce papyrus du Louvre n’est pas encore exposé.
KHONSOU E 4109 Statuette Troisième Période Intermédiaire, 1069 - 664 avant J.-C. Bronze Salle 18 vitrine 1
<
KHONSOU à tête de faucon E 3720
Statuette
Basse Époque,
664 - 332 avant J.-C.
bronze incrusté d'or >
À Thèbes, KHONSOU est le fils d'AMON et de MOUT, réputé, surtout à partir de la fin du Nouvel Empire, pour son pouvoir de guérisseur et son adresse à chasser les esprits mauvais. À l'origine, c'est un dieu lunaire, maître du temps, qui compte les années des hommes. Il se présente le plus souvent comme un homme au vêtement moulant, coiffé de la mèche latérale de cheveux propre aux enfants et du disque lunaire, un croissant inclus dans un disque. Il peut aussi avoir une tête de faucon et être coiffé du disque et de la double plume.
« Le Seigneur dit à Moïse : « Lève ton bras vers le ciel ! Que la grêle s'abatte sur toute l'Égypte, sur les hommes, sur les bêtes et sur toutes les cultures du pays. » Moïse leva son bâton vers le ciel. Le Seigneur déchaîna le tonnerre et la grêle : la foudre s'abattit d'abord sur le sol, puis le Seigneur envoya la grêle sur le pays. Dans toute leur histoire, les Égyptiens n'avaient jamais vu un si violent orage de grêle, accompagné d'une telle foudre. Dans l'ensemble du pays, la grêle frappa tous ceux qui se trouvaient dans les champs, hommes ou bêtes ; elle hacha les cultures et brisa les arbres. » - Exode 9:22-25
On attribuait aux dieux Chou, Reshpou et Tefnet la maîtrise des éléments naturels. Ils furent impuissants face aux tonnerres et à la grêle qui frappa les hommes, les bêtes et la végétation, et “brisa toutes sortes d’arbres des champs” lors de la 7ème plaie (Exode 9:25). Cette plaie, et la suivante (les sauterelles), infligèrent une défaite au dieu de la fécondité, Min, protecteur des cultures. Adoré à l’époque historique sous la forme d’un homme au pénis en érection, la fertilité du pays est renouvelée lors de sa fête annuelle. Est également concerné la déesse de la moisson, Rénenoutet, mère du dieu du grain, Nepri.
< CHOU AF 195 Amulette Basse Époque, 664 - 332 avant J.-C. faïence siliceuse Rdc Salle 18 vit 1
MIN > au sexe dressé E 4073
Statuette Basse Époque, Salle 18 vit 1
«Les noms des dieux ne nous renseignent guère sur les conceptions égyptiennes de dieu Mais l’accumulation des noms, le syncrétisme et l’interchangeabilité des épithètes mènent directement au problème de l’Un et du multiple. Et la multiplicité des formes ajoutent au « flou » de la conception du divin. […] Ces divinités ne se présentent pas avec une nature aussi claire et bien définie que celle des dieux grecs. La conception est ici fluide, inachevée, mouvante. Cette fluidité ne laisse pas de place au monothéisme. » AA153, AA154
La religion égyptienne, qui conservera sa pluralité de dieux jusqu’à la fin, n’est jamais devenue une foi monothéiste. AA155
« Le Seigneur dit à Moïse : « Lève ton bras vers le ciel ! Que l'obscurité se répande sur l'Égypte, une obscurité si épaisse qu'on puisse la toucher. » Moïse leva son bras vers le ciel. Alors une obscurité totale régna pendant trois jours sur l'Égypte. […] Par contre, il faisait clair dans la région où les Israélites habitaient. » - Exode 10:21-23
Lors de la 9ème, “des ténèbres opaques commencèrent à se produire dans tout le pays d’Égypte durant trois jours”. (Ex 10:21,22.). Plusieurs dieux égyptiens peuvent assumer le rôle de dieu solaire ou lunaire. Citons Kouk, ‘Ténébres’, Khonsou, dieu lunaire à forme humaine et Thot, dieu lunaire et messager des dieux.
OSIRIS en dieu lunaire < N 5109 Statuette Basse Époque, 664 - 332 avant J.-C. Sérapéum bronze Rdc salle 18 vit 1
HORUS E 7978
> Ancien dieu du ciel,
ses liens étroits avec le dieu solaire et plus tard avec Osiris et Isis favorisèrent des associations nouvelles.
< L'ibis du dieu Thot E 9325 argent. RdC Salle 7 vit 2
Le dieu Thot en babouin > AF 2390
cornaline Rdc Salle 9 vit 6
Rê est le nom le plus important et le plus répandu du dieu solaire. Il est combiné de manière syncrétique avec beaucoup d’autres dieux. Représenté sous forme humaine, il voyage le jour dans une barque à travers le ciel, et la nuit à travers les enfers. Raet est son double féminin. Elle est dépeinte sous les traits d’une femme portant des cornes de vache et le disque solaire. Aton, ’disque solaire’, ne fut adoré en tant que divinité qu’à partir du Nouvel Empire ; élevé par Akhnaton au rang de dieu unique et exclusif. On pourrait citer aussi Khepri, la manifestation matinale du dieu solaire, représenté sous la forme d’un scarabée et Atoum, vénéré comme la manifestation du soir du dieu solaire universel.
RÊ à tête de faucon E 5799 Applique Nouvel Empire ou Troisième Période Intermédiaire, 1550 - 664 avant J.-C. Bois

AMON > N 4404 Figurine Nouvel Empire, 1550 - 1069 avant J.-C Pierre
RÊ (ou RÂ) est le soleil, qui donne
la vie à tous les hommes, qui illumine
le pays de sa beauté, le seigneur du ciel. En lui se mêlent de nombreux dieux, qui peuvent avoir une existence indépendante, comme AMON,
mais qui souvent ne sont que
des phases, des formes, des noms
de Rê. Aton, le disque solaire,
est sa forme visible par tous.
AMON, roi des dieux,
il est le seigneur des temples
de Karnak et de Louxor.
Sous son nom d'Amon-Rê,
il est le soleil qui donne la vie au pays, sous son nom d'Amon-Min. Il est le plus souvent représenté comme un homme vêtu du pagne royal et coiffé de deux hautes plumes droites.
« Au milieu de la nuit, le Seigneur fit mourir tous les premiers-nés d'Égypte, aussi bien le fils aîné du Pharaon, roi d'Égypte, que le fils aîné du captif enfermé dans la prison, et que les premiers-nés du bétail. » - Exode 12:29
Quelle clameur lorsque les premiers-nés moururent brusquement! “Il n’y avait pas de maison où il n’y eût un mort”, même la “grande maison” de Pharaon (Ex 12:29,30). Pharaon se targuait d’être le fils du dieu-soleil Rê ; la mort inattendue de son premier-né était en réalité la mort d’un dieu. Quelle écrasante défaite pour Bès, protecteur de la maison royale, et pour Bouto, qui protégeait le roi contre ses ennemis! Et si l’on songe que le bélier était consacré à Amôn-Rê, le “Roi des Dieux”, les Égyptiens ont dû être horrifiés de voir les Juifs asperger du sang de l’agneau pascal le chambranle de leurs portes. -Ex. 12:6,7
< BÈS E 10929 Vase en forme de Bès Basse Époque,
664 - 332 avant J.-C. faïence siliceuse
BÈS aux multiples attributs divins N 5141 > Statuette Basse Époque, 664 - 332 avant J.-C. Bronze
« Allez vous procurer des agneaux ou des chevreaux pour vos familles et égorgez-les pour la fête de la Pâque. Prenez un bouquet de branches d'hysope, trempez-le dans le récipient contenant le sang de la victime, et mettez-en sur les deux montants et sur la poutre supérieure de la porte d'entrée. Dès lors, et jusqu'au matin, que personne ne sorte de sa maison. Le Seigneur va passer pour punir les Égyptiens, mais lorsqu'il verra le sang sur les montants et sur la poutre, il passera sans permettre au fléau destructeur de pénétrer dans vos maisons. Vous et vos descendants, vous observerez toujours ces prescriptions. » - Exode 12:21-24
Cette plaque en émail champlevé du 12è siècle représente
un israélite marquant
sa porte avec
le sang d’un agneau.
L’œuvre rappelle la délivrance
du peuple au temps de Moïse,
et le « sacrifice de la Pâque,
pour Yhwh, qui a passé
par-delà les maisons des
fils d’Israël, quand il a
frappé l’Egypte».
- Exode 12:27 (Bayard).
La Pâque N 1150 Vallée de la Meuse Vers 1160-1170 Richelieu 1er Suger
salle 2 vitrine 3
Et Pharaon, incarnation terrestre du dieu Horus, héritier de la royauté d’Atoum, fils du dieu-soleil Rê ? Dix fois déshonoré, il se rue comme un fou à la poursuite des Israélites. Mais il périt dans la mer Rouge par la main du Dieu contre lequel il s’était élevé (Exode 14:19-28; Psaume 136:15). Comme le fera remarquer un bibliste, « La dixième plaie fait éclater de la manière la plus convaincante et la plus douloureuse le dessein que Dieu avait d’arracher son peuple aux mains de ses persécuteurs. Cette dernière plaie ne pouvait cesser et était sans remède. Dieu exerça cette sévérité particulière pour graver dans le cœur des Egyptiens l’idée de sa puissance, de sa domination absolue sur toute la nature, de sa supériorité sur tous les dieux qu’adoraient les nations, et sur la bonté qu’il entendait témoigner au peuple qu’il s’attachait particulièrement. » AA158
Oui Yhwh « sait comment délivrer de l’épreuve ceux qui lui sont attachés. » - 2 Pierre 2:9, Bible du semeur.